Guide · Réduction d’exposition
Faire déréférencer une page de Google
Un vieil article, un compte rendu, une page qui remonte quand on tape votre nom. Vous pouvez demander à Google de cesser de l’afficher.
Mais pas de la faire disparaître — et la différence entre les deux décide de toute la démarche.
Mise à jour : septembre 2026 · Lecture : 8 minutes
Ce que le déréférencement fait — et ne fait pas
Déréférencer, c’est demander à un moteur de recherche de ne plus afficher une page dans les résultats associés à votre nom. C’est un droit reconnu depuis un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2014, repris par le RGPD.
Cette distinction est le contresens le plus répandu sur le sujet. Beaucoup de gens paient pour « faire supprimer » une page et découvrent des mois plus tard qu’elle n’a jamais bougé. Elle n’avait pas à bouger : ce n’était pas ce qui avait été demandé.
L’ordre des démarches — et pourquoi il compte
L’erreur la plus fréquente est d’aller directement chez Google. C’est le deuxième réflexe à avoir, pas le premier.
1. D’abord la source
Si la page peut être modifiée ou retirée par le site qui l’héberge, c’est toujours la meilleure issue : le contenu disparaît réellement, et l’index suit ensuite. Un déréférencement obtenu sans traiter la source laisse la page vivante, accessible, et prête à être réindexée par un autre chemin.
On écrit donc d’abord à l’éditeur du site, sur le fondement de vos droits à l’effacement et à l’opposition. En cas de silence ou de refus, l’hébergeur peut également être saisi.
2. Ensuite le moteur
La demande de déréférencement intervient quand la source refuse, ne répond pas, ou n’a pas d’obligation de retirer — cas fréquent d’un contenu parfaitement licite, dont personne n’a à s’excuser mais qui vous suit.
3. Et si la page a déjà changé ou disparu
Il arrive que le contenu ait été retiré mais que Google en affiche encore l’ancienne version. Ce n’est pas un cas de déréférencement : c’est un cas d’actualisation de contenu obsolète, pour lequel Google propose un outil distinct. Il nécessite en revanche un compte Google, ce que la demande de déréférencement, elle, n’exige pas.
La procédure, étape par étape
1. Rassembler les adresses exactes
Chaque résultat se traite individuellement, par son adresse web complète. Une demande portant sur « tout ce qui me concerne » n’est pas recevable : il faut la liste des URL, une par une.
Cherchez votre nom, mais aussi vos anciens noms, vos pseudonymes, votre nom associé à votre ville ou à votre profession. Les résultats diffèrent selon la formulation.
2. Motiver chaque demande
C’est l’étape que les gens bâclent, et c’est celle qui décide. Google ne supprime pas sur simple demande : il met en balance votre vie privée et l’intérêt du public à accéder à l’information.
Une motivation utile explique, pour chaque adresse :
- —en quoi la page vous concerne personnellement et vous identifie ;
- —pourquoi l’information est devenue non pertinente : ancienneté, situation résolue, fonction quittée, procédure classée ;
- —le préjudice concret que sa visibilité entraîne aujourd’hui.
« Ça me dérange » ne suffit pas. « Cette page date de onze ans, elle concerne une activité que je n’exerce plus, et elle apparaît en première page quand un client cherche mon nom » se traite.
3. Justifier votre identité — sans en donner trop
Une pièce d’identité est demandée, pour éviter qu’un tiers fasse déréférencer des pages à votre place. Seuls votre nom et votre photo sont utiles à cette vérification : le reste — numéro de pièce, date et lieu de naissance, filiation — peut être masqué avant l’envoi.
4. Envoyer, puis attendre
Google annonce une réponse sous un mois environ. Conservez l’accusé de réception et la référence du dossier : ils vous seront demandés si vous devez contester.
Pourquoi une demande est refusée
Le droit au déréférencement n’est pas automatique. Il cède quand l’intérêt du public à trouver l’information l’emporte. Les motifs de refus les plus courants :
- —vous exercez une fonction publique ou une responsabilité qui rend l’information pertinente ;
- —le contenu relève de l’information journalistique sur un sujet d’intérêt général ;
- —l’information est récente, ou toujours exacte et actuelle ;
- —la page ne vous identifie pas réellement, ou vous mentionne de façon marginale.
Un refus n’est pas la fin de la démarche. C’est le début de la suivante.
Les recours
La CNIL
En cas de refus ou d’absence de réponse, vous pouvez saisir la CNIL. La démarche est gratuite et se fait en ligne. Elle instruit, peut demander des explications au moteur, et peut le mettre en demeure de procéder au déréférencement.
Comptez plusieurs mois d’instruction. C’est long, mais c’est un levier réel, et il ne coûte rien d’autre que le temps de constituer le dossier — d’où l’importance d’avoir conservé les échanges.
La voie judiciaire
En dernier ressort, une action peut être portée devant le tribunal judiciaire de Paris, compétent pour les litiges impliquant les grands moteurs en France. Cette voie relève de l’avocat, et sort du champ d’une démarche que l’on mène seul.
Trois limites qu’on découvre trop tard
Le déréférencement s’arrête aux frontières de l’Europe
La Cour de justice de l’Union européenne a jugé en 2019 qu’un moteur n’est pas tenu de déréférencer sur l’ensemble de ses versions mondiales. Le retrait s’applique aux versions européennes. Une recherche menée depuis une version non européenne peut donc encore afficher la page.
Une nouvelle adresse échappe à la décision
Le déréférencement porte sur des adresses précises. Si le même contenu est republié ailleurs, ou change d’adresse, il faut recommencer. C’est le même phénomène que la repopulation chez les courtiers en données : tant que la source existe, le flux peut repartir.
Le contenu, lui, ne bouge pas
C’est le point de départ de cette page et il vaut d’être répété : la page reste en ligne. Quiconque possède le lien y accède. Le déréférencement réduit fortement la probabilité qu’on la trouve — il ne la supprime pas.
Combien de temps ça prend réellement
Pour une adresse : une à deux heures entre l’identification, la rédaction de la motivation — la partie longue, elle se rédige au cas par cas — la préparation de la pièce d’identité et l’envoi. Puis un mois d’attente.
Par où commencer
Avant d’écrire à quiconque, il faut la liste — ce qui remonte réellement sur vous, sous quelles formulations, et lesquels de ces résultats méritent l’effort. Traiter les trois premiers résultats en ignorant le reste donne l’impression d’avoir agi sans changer ce qu’on trouve de vous.
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Cette page fournit une information générale sur l’exercice de droits prévus par le RGPD, ainsi que la description d’une démarche administrative. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne tient pas compte de votre situation particulière. UMBRYX n’exerce ni activité de consultation juridique, ni de représentation.